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Ant[]N x [UMF / RecycLed Loops] - Par : [Par www.inter-stice.com & www.lyon-electronik.com]

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Quels souvenirs gardes-tu de ta première résidence dans un caveau du Vieux Lyon ? Tu te voyais déjà en haut de l’affiche comme le disait Charles Aznavour ?


Je garde un bon souvenir de cette période. C’était mes débuts devant un public. Je devais avoir 15 ou 16 ans. C’est une très bonne chose de commencer si jeune. Je n’avais pas encore de platines chez moi et, du coup, je m’entraînais en live les soirs où je me produisais. Il y avait, à cette époque, comme une compétition entre les dj’s qui jouaient dans ce lieu et les plus anciens n’étaient pas toujours très cool : ils avaient tendance à nous regarder de haut mais ça a été formateur pour la suite.


Toi qui as participé à des raves d'anthologie comme la « welcome to the club » à Lyon en 1995 (Carl Cox, Garnier ... ndlr), est-ce que tu retrouves toujours ce même esprit selon les endroits où tu te produis ? Quels souvenirs gardes-tu de l’épopée Millenium Sound ?

C’est lors de la 1ère édition de « welcome to the club » que j’ai su ce que je voulais faire de ma vie, ça a tout changé pour moi, ça devait être en ’94 ou ’95. L’énergie qui émanait du public et des dj’s était tout simplement exceptionnelle. Heureusement ce même esprit règne toujours dans de nombreuses soirées, seulement pour des gens qui sortent déjà depuis une dizaine d’années, ce n’est plus nouveau donc forcément moins magique. Mais pour les jeunes qui découvrent aujourd’hui cet univers, la magie reste intacte. Même si les « anciens » diront toujours « c’était mieux avant » ;-)


Concernant Millennium Sound, c’est une histoire de potes. On a monté ce collectif à une époque où quasiment aucune soirée n’avait lieu sur Lyon, toutes les soirées se déroulaient autour de Villefranche, qui dépend de la sous préfecture. On faisait tout nous-même : promo, flyer, montage/démontage, dj’s, caisse, nettoyage… C’était très artisanal et on se marrait bien, même si c’était épuisant ; ça nous aura permis, en tout cas, d’être musicalement libres.


Il y a 3 ans, tu disais chez Lyon Electronik que ton rêve était de « faire le tour du monde avec ta musique », c'est toujours d'actualité ?


Oui, bien sûr, c’est toujours d’actualité. La musique et le voyage sont les moteurs de ma vie, je ne pourrais me passer ni de l’un ni de l’autre. J’ai déjà beaucoup voyagé grâce à la musique : ces douze derniers mois, je suis allé au Canada, en Malaisie, à Madagascar, à l’Ile Maurice, à la Réunion, et plus proche de nous, en République Tchèque, en Allemagne, en Espagne ou encore en Suisse. A mes yeux, ce n’est pas encore assez, mais le meilleur reste à venir. Je veux être enivré par une vie encore plus active, je veux avoir la tête qui tourne ! :-)



Tu es maintenant bien plus connu en France et à l'étranger qu'à Lyon, ce fut aussi le cas pour d'autres artistes comme Agoria : la scène rhône-alpine bouderait-elle ses DJs ? Y aurait-il des élans de jalousie dans l’air ?


Je ne pense pas que ce soit propre à Lyon, les conflits locaux il y en a partout, et surtout dans les domaines artistiques, où les places sont « chères ». Je pense simplement que c’est le propre de l’homme, la réussite est toujours suspecte et dérangeante. Au début, ça m’affectait profondément, aujourd’hui, je relativise.


Je pense qu’il y a quelques années de cela, les gens étaient peut-être plus respectueux envers leurs ainés. Lorsque j’ai commencé, les dj’s donnaient beaucoup à la musique, ils organisaient des soirées, montaient des labels, lançaient des clubs… En majorité, la nouvelle génération ne veut faire que recevoir de la musique sans rien donner en retour. Beaucoup pensent qu’il suffit de se défouler sur les forums, faire de beaux sourires au promoteur ou à la boite du coin pour réussir : ils sont loin du compte.



Tu as sorti chez Amazone Audio, UMF et Recycled Loops : y a-t-il des labels que tu rêves de conquérir ?
Non, je n’ai pas de noms en tête, je prépare actuellement mon 1er album qui va en surprendre plus d’un, notamment par sa diversité. Beaucoup ne me connaissent que comme dj. Il est trop tôt pour envisager un label en particulier.


On a toujours au fond de son bac un disque qu’on a honte d’avoir acheté (et de jouer) : quelle est cette perle rare que tu ne sors jamais dans tes sets ?



En général, j’assume la musique que j’achète, du moins j’essaie ;-)

Les choix musicaux, ça correspond à un instant, à un désir, à une envie. J’achète beaucoup de maxi tout en sachant que, pour certains, je ne les jouerai jamais. Je l’ai juste comme ça, pour moi. Dernièrement, j’ai acheté des maxi de Justice, je ne pourrai pas les intégrer à mes sets mais il faut bien admettre que ce sont de talentueux producteurs. Quoi que l’on en dise, ils contribuent fortement à relancer le son « made in France ».


On voit apparaître sur le marché des systèmes pour mixer des MP3 (Connectiv/Torq, Serato) : es-tu de ceux qui pensent qu’il faut s’adapter à la technologie de son temps ou restes-tu un puriste du vinyle ?

Je continuerai à acheter des vinyles tant qu’il s’en vendra. Pour moi le vinyle et les Technics représentent à eux seuls le djing. Lorsque le dj officie, sa prestation n’est pas aussi visuelle que celle d’un musicien. La seule chose à véritablement accrocher le regard, c’est justement le vinyle et les platines. A mes yeux, les enlever revient à tuer 80% de la magie. Enfin le vinyle est un objet de valeur, un fichier ou 1 cd sont des produits de consommation.


Anton X et la composition : c’est plutôt volet clos une bonne bière et tu sors plus de chez toi (approche intuitive) ou j’ai une idée, je prends le temps de l’exploiter et je mets des mois à peaufiner mes tracks (approche réflexive) ?

Ça dépend des jours et de mon état d’esprit, je pratique un peu ces deux manières de faire. Par contre je suis plus whisky ;-)


Quel message souhaites-tu faire passer à la culture électronique ?

1 seul message pour tous : do it yourself !



J’ai ouï dire que tu avais une sortie de prévu chez UMF en novembre : peux-tu nous en dire un peu plus sur ton actu à venir ?

Le maxi Slow Food EP sort sur UMF le 26 novembre prochain. C’est un maxi 3 titres qui correspondra, je pense, aux amateurs d’Electro, de Minimal et de Techno. C’est un disque purement dance-floor destiné aux dj’s.

Je prépare aussi mon 1er album qui, lui, sera destiné à l’écoute. De nombreuses influences s’entremêlent : Trip-Hop, Minimale, Electro, Jazz, Techno. J’y travaille depuis bientôt 1 an, ça va être un ovni, je ne sais d’ailleurs pas encore à quel label je le ferai écouter, mais pour le moment, la question ne se pose pas, je veux l’aborder comme je l’entends et sans contraintes. Cet album me permet de faire de la musique en m’entourant de musiciens sur certains morceaux, notamment 1 clavier (Julien Servant) et 1 bassiste (Yannick Marlin). Je suis dans la phase où je recherche des voix pour 2 ou 3 morceaux.


Par www.inter-stice.com & www.lyon-electronik.com

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